Vél-d’Hiv. Hollande déclare la France responsable de la rafle
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François Hollande est le premier président de gauche à évoquer la rafle du Vél d’Hiv comme « un crime commis en France par la France ».
AFP.
Comme un symbole, François Hollande est venu voir Jacques Chirac dans sa résidence corrézienne samedi pour évoquer la rafle du Vél d’Hiv. En juillet 1995, il avait été le premier chef d’Etat à reconnaître « la faute de la France ». François Hollande est aujourd’hui le premier président de gauche à évoquer ce « crime commis en France par la France. »
François Hollande est arrivé peu avant 10h sur les lieux du Vél d’hiv, où il a déposé une gerbe et s’est incliné devant une plaque commémorative avant de prononcer son discours affirmant la responsabilité de la France dans la rafle.
La vérité de la responsabilité de la France
Sur ce sujet resté longtemps un tabou de la France d’après-guerre, le chef de l’Etat a ainsi confirmé la première déclaration en ce sens formulée en 1995 par Jacques Chirac, mais surtout brisé l’ambiguïté entretenue sur le sujet par le premier président socialiste de la Ve, François Mitterrand.
« La vérité, c’est que la police française s’est chargée d’arrêter des milliers d’enfants et de familles. […] La gendarmerie les a escortées jusqu’aux camps d’internement. La vérité c’est que le crime fut commis en France par la France », a-t-il dit lors d’un discours de commémoration à Paris.
« La vérité c’est que le crime du Vel’d’hiv' fut aussi commis contre la France, contre son honneur, contre ses valeurs, contre son idéal », a-t-il ajouté.
Plus de 13 000 juifs arrêtés
Il a rappelé que des milliers de personnes ciblées ce jour-là avaient pu survivre en étant prévenues au préalable par des Français qui s’opposaient à cette politique.
Lors d’une rafle à Paris et en banlieue menée par la police française et soigneusement préparée, 13.152 juifs étrangers réfugiés en France dont plus de 4 000 enfants avaient été arrêtés, internés dans le Vélodrome d’hiver, dans le XVe arrondissement.
2 500 survivants
Ce fut l’acte le plus grave de la politique de collaboration avec l’occupant nazi décidé par le gouvernement de Vichy et son chef, le maréchal Pétain. Il y eut au total 76 000 juifs déportés de France sous l’occupation, un quart de la communauté. Il y eut 2 500 survivants.
Aucun chef d’Etat de la Ve ne souhaita d’abord aborder ce problème. François Mitterrand suscita de vives critiques en refusant de présenter des excuses au nom de la France, expliquant que la République n’était pas comptable des actes d’un autre régime.
Chirac brise le tabou
Jacques Chirac fut ensuite le premier en 1995 à briser le tabou en admettant la responsabilité du pays. « Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français. […] La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable ».
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