Plysorol. Semaine cruciale pour 277 emplois
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L’usine de Lisieux a connu dans les années 1990 jusqu’à 1 000 ouvriers. Aujourd’hui, après 151 licenciements en 2010, on tremble que le site ne soit fermé avec les 70 salariés encore à l’effectif.
Ouest-France
Jeudi, les salariés de Plysorol sauront de quoi sera fait leur avenir. De repreneur en plan de licenciement, les ouvriers sont au bout du rouleau. À Lisieux et en Vendée, on tremble de voir fermer les usines.
Plysorol, fleuron centenaire
Le groupe Plysorol est issu de la société Leroy SA, spécialisée à sa création en 1907, dans la fabrication de boîtes à fromage. En 1912, Leroy se met à produire du contreplaqué de bois de pays. Puis fleurant l’intérêt du marché du bois exotique, la société négocie en 1947 ses premières concessions forestières, le droit d’exploiter des hectares de forêts en Afrique. Cela représente aujourd’hui 600 000 ha au Gabon. Un vrai pactole.
1982-1992, Isoroy-Pinault-Glunz
En 1982, Leroy s’associe avec Isorel et Baradel et devient Isoroy : le leader français incontesté du marché du bois. À cette époque, Lisieux compte un millier d’ouvriers. En 1986, le groupe français Pinault rachète une entreprise mal en point et tente de la remettre sur pied. Puis la revend au groupe allemand Glunz en 1992.
2000, naissance de Plysorol
En 2000, tandis qu’Isoroy connaît de forts trains de licenciements et la fermeture de plusieurs sites de production, le groupe portugais Sonae (qui vient de prendre le contrôle de Glunz) scinde les activités. C’est la naissance de Plysorol. Son positionnement est ciblé sur le contreplaqué haut de gamme en bois d’okoumé, comme les planchers pour les trains et les TGV, pour l’automobile et la construction.
2008, premier redressement judiciaire
En 2008, c’est la crise. Le groupe qui emploie alors 497 personnes en France, dont 235 à Lisieux, Fontenay-le-Comte (Vendée) et Épernay (Marne), est placé en redressement judiciaire. En mars 2009, le Chinois Guohua Zhang prend la tête de Plysorol.
2010, déconfiture chinoise
Dix-huit mois plus tard, Plysorol est à nouveau en redressement judiciaire. Le Gabon a interdit l’exportation de bois d’okoumé. Le Libanais Ghassan Bitar reprend Plysorol, mais ne garde que 277 emplois. Lisieux est très touchée avec 151 licenciements. Le Chinois Guohua Zhang ferraille pour garder les concessions forestières.
7 juin 2012, nouveau redressement judiciaire
La tentative de transformer le site de Lisieux au bois de pays a échoué. Ghassan Bitar annonce la fermeture de Lisieux et Fontenay-le-Comte. Plysorol est mis en redressement judiciaire. Les concessions des 600 000 ha de forêt sont suspendues par le Gabon, afin que celles-ci restent dans le giron de Plysorol. Le ministère du Redressement productif suit le dossier de très près et reçoit, demain mardi, Ghassan Bitar pour l’entendre sur ses intentions.
6 septembre 2012, audience cruciale
Jeudi prochain, ce sera l’épilogue sans report possible. Si Ghassan Bitar vient à l’audience sans les 700 000 € d’argent frais qu’il doit insuffler dans l’entreprise : pas de plan de continuation pour lui. Mais sans offre de reprise non plus, le scénario devrait être la liquidation avec poursuite d’activité… En espérant très vite l’arrivée d’un repreneur providentiel pour les trois sites. Les ouvriers n’y croient plus vraiment.
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