Japon : manifestations anti-nucléaires monstres
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Des dizaines de milliers de manifestants brandissent des banderoles verticales aux messages anti-nucléaires.
EPA
Dans le parc familial de Yoyogi, du quartier branché du Shibuya à Tokyo, la foule est écrasée par un soleil de plomb. Le thermomètre affiche 32 °C. De vieilles dames agitent de petits éventails ronds frappés d'un « No nukes » en rouge. Littéralement, « pas de nucléaire ». Ils sont 170 000 manifestants selon les organisateurs, 75 000 d'après la police.
Des femmes et des hommes qui, comme, Akiko Ichikawa, sont venus de tout l'archipel, en ce lundi férié, pour « rendre un Japon propre à [leurs] enfants et à [leurs] petits-enfants ». C'est l'une des manifestations les plus massives depuis l'accident de Fukushima, il y a maintenant seize mois. Peut-être même l'une des plus suivies depuis les années 1970.
50 réacteurs dans l'archipel
La manifestation prend rapidement des airs de kermesse : des stands régionaux côtoient des ateliers débats sur l'énergie et des projections de documentaires. Des chanteurs de tous âges égayent l'ambiance en divers points du parc.
Satoshi Kobayashi est venu avec ses deux jeunes enfants, « pour les sensibiliser ». « Un accident nucléaire a des conséquences ineffaçables et marque à jamais un territoire », dit-il. Il marque aussi les esprits.
Tous sont traumatisés par l'accident de Fukushima, qui a conduit à l'évacuation de centaines de milliers de personnes et a rendu des zones inhabitables pour plusieurs décennies. Depuis plus de trois mois, ils sont des milliers à manifester tous les vendredis, devant la résidence du Premier ministre, Yoshihiko Noda, contre le redémarrage des 50 réacteurs de l'archipel. Un seul fonctionne de nouveau, depuis le 1er juillet, à la centrale d'Ohi, dans l'ouest du Japon. Les autres ont été arrêtés, soit à cause du tsunami, soit par précaution.
Mayumi Ishida, étudiant à Sendai (nord-est), espère que la manifestation d'hier sonnera le glas du nucléaire. Si ce n'est pas le cas, il propose « un mouvement social, avec des grèves ». Ce qui serait du jamais-vu depuis des décennies.
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